Noirs et Métis de la Chanson Française

Par respect pour Mélenchon, nous voterons Macron - et au nom d'une certaine idée de la chanson

 

  

Il y a des moments fulgurants dans cette campagne. Poutou qui remet les pendules à l'heure face à Fillon et Le Pen. Macron qui abat la rumeur sur sa supposée homosexualité (comme si l'homosexualité selon ses détracteurs était un crime). Mais le moment qui nous a le plus émus, c'est la minute de silence de Mélenchon en l'honneur des migrants disparus en pleine mer. Peu importe ceux et celles qui parleront de calcul politique, nous n'y croyons pas un seul instant. A travers nos blogs 'Culture et Chanson' et 'Noirs et Métis de la Chanson', nous parcourons un éventail large de la culture francophone, d'un patrimoine francophone riche de ses diversités, complexités. Nous avons analysé les œuvres de chanteurs d'horizons très différents, parfois même de sensibilité politique très différentes (ce qui nous a été reproché) et que nous avons souvent interviewé, mais toujours avec ce souci de montrer justement la dimension universelle de la chanson en langue française, puisqu'il s'agit essentiellement de notre créneau.


Il y aurait quelque chose de profondément incohérent d'appeler à voter pour Marine Le Pen ou à s'abstenir. Ce serait incohérent, ce serait injuste. De plus, les électeurs de Mélenchon qui sont fiers de voter blanc, de s'abstenir, voire de voter contre Macron n'ont absolument pas compris le programme de Mélenchon, la pensée de Mélenchon, qu'on ne saurait mettre, contrairement à ce qu'ont voulu nous vendre la plupart des médias, au même niveau que les ténors du FN !


Nous n'estimons pas que Macron (malgré ses défauts) et Le Pen se valent. Nous ne pensons pas du tout que Macron puisse apporter quoique ce soit à la sauvegarde du patrimoine chanson en langue française (et en ce sens, ses prédécesseurs n'ont pas brillé là-dessus non plus, de Giscard à Hollande). Ce que nous savons : il est des pays y compris en Europe, où même des modestes blogs avec une relative liberté de ton sont censurés par les pouvoirs en place. En tête de liste, évidemment la Biélorussie, la Hongrie de Viktor Orban. Sur nos blogs, nous nous intéressons aussi bien aux artistes de pur divertissement (repos des neurones) qu'aux artistes plus difficiles d'accès, qui disent des choses qui ne caressent pas forcément la majorité dans le sens du poil. Cette liberté de ton, pour nos modestes blogs (j'insiste sur le mot modeste, même si nous sommes très sollicités), nous y tenons et forcément il y a là une dimension politique. Ce n'est certainement pas sous un parti d'ultra-droite/extrême-droite, appelez cela comme vous voulez, que nous la conserverons. Nous apportons donc, sans réel enthousiasme, mais sans regret, notre soutien entier à Macron. Bon. Une fois que c'est dit, à lui de se démerder.


Culture et Chanson
Noirs et Métis de la Chanson


N. B : nous ne censurerons pas les commentaires (sauf ceux à connotation raciste, homophobe, sexiste, discriminatoire ou diffamatoire) ET nous n'interviendrons pas dans les commentaires, ce qui est dit est dit.

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La beauté d'âme du chanteur Ben Nodji : concert le 8 avril, Théâtre du Gouvernail, Paris

 

 

BEN NODJI EN LIVE

Ben Nodji par Dominique Blanche

 

Depuis ma petite province, je me demande constamment si les Parisiens savent à quel point ils sont gâtés par la vie culturelle qui les entoure. J'ai entendu parler de Ben Nodji réellement à l'occasion des Jeudis de la Chanson. J'avais déjà lu son nom ici et là, mais l'expression 'Jeudis de la Chanson' avait quelque chose de l'ordre de la promesse, ce je-ne-sais-quoi alléchant, où l'artiste propose à d'autres artistes, amateurs ou pas, de chanter dans un lieu donné. Pour s'impliquer dans ce genre de projet, il faut être généreux, et assurément Ben Nodji est un chanteur généreux. Pour lui, la chanson est partage, pour lui, la chanson est amour, et il se réfère à Paul Valery qui disait que Vivre c'est Aimer, Ben Nodji clame que Chanter, c'est Aimer. Vous l'avez compris, on est très loin des mesquineries nombreuses, décriées du milieu chanson, dont nous avons hélas des échos par ici. Sa présence sur notre blog est en fait une évidence. Il est dans le monde de la chanson depuis de nombreuses années, infatigable, non-aigri, c'est sa beauté d'âme qui le rend important à nos yeux, et explique que quand tant d'autres ont raccroché, lui a su/pu continuer. A l'époque du tout-zapping, croyez-nous, ce n'est pas rien et nous sommes honorés qu'il ait accepté de répondre à nos questions, à l'occasion de son concert au Théâtre du Gouvernail, le 8 avril prochain.

Bonjour Ben Nodji, merci de nous accorder cette interview. Votre nom n'est pas inconnu dans le milieu de la chanson, on vous connaît notamment pour votre implication dans les jeudis de la Chanson. Qu'est-ce qui a fait qu'un jour, vous vous êtes levé et dit : Je vais chanter devant les gens ?

Le jour où je me suis levé pour me dire que je vais chanter devant les gens, c'est le jour où des chansons me sont parvenues. Je me suis levé un matin, et je me suis surpris en train de chantonner des mots, je dis bien de chantonner et non de dire des mots. Qui dit chantonner dit qu'il y a mélodie. A un moment je me suis arrêté pour me demander : mais d'où me venaient ces mots en mélodie? Eh bien, ça sortait du fin fond de moi. Peu importe les paramètres qui m'ont amené à ce stade, peu importe si je ne savais pas faire de musique jusque-là, une force de création venait de naître en moi avec une violence inouïe. L'envie de partager m'a saisi aussitôt avec la même violence. 

Comment vous-même vous définissez-vous ? Chanteur de chanson à texte, chanteur folk, de world music ?

 Cette question me met toujours mal à l'aise. C'est vrai que ma propre définition de ma musique est trop longue : j'ai coutume de dire que c'est un mélange de culture comorienne et de culture française qui donnent un genre de chanson française un peu à part. J'ai la faiblesse de concéder que je fais essentiellement de la chanson à texte. Certains trouvent qu'il y a de la world music là-dedans, d'autres disent que je chante et joue comme les grillots, moi, je suis un artisan de la chanson. 

Le théâtre du Gouvernail à Paris jouit d'une réputation de plus en plus importante dans le milieu chanson : y sont passés Isabeau, Jann Halexander, Clémence Savelli, Vincent Ahn, plus récemment Nicolas Bacchus, que représente cette scène pour vous ? Qu'attendez-vous du 8 avril ?

 Ecoutez, je ne connais pas cette scène. Mais en effet, sa réputation est parvenue jusqu'à mes oreilles. Je suis vraiment honoré, et même flatté qu'on me la propose. J'ai hâte d'y être et j'espère que je serai à la hauteur. J'attends que le Gouvernail soit rempli, que je fasse un set remarquable, que les spectateurs repartent enchantés et en parlent autour d'eux, et surtout, que mon travail par la suite soit pris au sérieux. Vous êtes en train de me donner une formidable chance, je me dois de saisir cette chance, (sans vouloir me mettre une pression inutile) pour montrer, j'insiste, que je fais quelque chose de sérieux.

Vous êtes, on pourrait dire, un 'habitué de la scène'. Avez-vous le trac avant de chanter ? Quel est votre meilleur souvenir à ce jour ?

Oui, j'ai toujours le trac avant d'aller chanter. J'ai beau rouler ma bosse, chaque fois, c'est comme la première fois. Mais ça fait partie du jeu. Un jeu qu'il faut gagner. Mon meilleur souvenir reste la scène bastille. Parce que ça faisait longtemps que je ne m'étais pas trouvé dans une vraie salle de spectacle. De plus, je suis arrivé en retard pour faire des balances. La billetterie était déjà ouverte, la salle se remplissait petit à petit. J'étais l'invité d'Abou Smith pour 30 minutes de scène, en première partie. Je me souviens que je voulais rentrer chez moi à l'insu de tous. J'avais l'estomac noué. J'avais en plus fait une journée de travail intérimaire, donc fatigué. Un vrai sale moment. Puis, le moment fatidique est arrivé, je me suis retrouvé sur cette grande scène, seul à la guitare et comme par miracle, dés que j'ai démarré, j'ai eu un relâchement qui m'a permis de vivre un excellent moment scénique. Je crois que le public l'a remarqué aussi. En tout cas, trois tenanciers de cafés-concerts, présents dans la salle, m'ont contacté pour faire des dates régulières dans leur établissement. Nous étions en 2011. Que le temps passe !

Ben Nodji : Rien n'est écrit d'avance

Est-ce que les Comores sont une source d'inspiration pour vous ? Aimeriez-vous d'ailleurs un jour y chanter ?

Mélodiquement, oui. Il y a quelque chose de la chanson comorienne dans mes airs. Incontestablement. C'est aussi une source d'inspiration pour les textes dans la mesure où personne n'a envie d'y vivre alors que c'est un beau pays. Mais plutôt que de disserter que c'est un beau pays, je chante la dangerosité de ce fait presque établi qu'il n'y a rien à faire, il faut partir...avec l'espérance d'inverser la tendance. Et puis, bien sûr, j'aimerais chanter aux Comores.

Une question plus légère, si on ose : votre plat préféré ?

Mon plat préféré? Le kouskouma. Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas. C'est une spécialité exclusive des Comores.

Merci !

Luc Melmont

 

Concert 'Chanter c'est Aimer'

 

8 avril 2017, 21h

 

Théâtre du Gouvernail, Paris, 01 48 03 49 92

L’AVENIR NOUS SOURIRA…

 

J’ai un mal atypique

Je cherche un diagnostic

Je n’fais pas de politique

Mais quelque chose m’indique

Ouvre le livre de l’autocritique

Il est même presque biblique

Pour trouver une optique

 Et l’avenir nous sourira

Car du nôtre on y mettra

Et le ciel s’éclaircira

Et la terre s’illuminera

La tolérance l’emportera

Et l’amour régnera 

Si j’ai pris une fausse route

Dès fois j’y pense dans mes doutes

Mais si quelqu’un voit mieux que moi

Alors il n’a pas le droit

De rester sans agir

De ne pas éblouir

D’ne même pas nous faire rire

 REFRAIN 

Et l’avenir nous sourira

Car du nôtre in y mettra

Et le ciel s’éclaircira

Et le monde s’humanisera

La tolérance l’emportera

Et l’amour régnera 

La tolérance l’emportera

Et la raison triomphera

Et ailleurs mieux on vivra

Et l’amour régnera 

 

Paroles et musique : Ben NODJI 

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Instant Découverte Journée Internationale des droits des Femmes : Sarah Mikovski

Insensible - Live // Sarah Mikovski // réalisé par Clément Gaumon

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Re-découvrir le répertoire d'Urbain Rinaldo

 

DISQUE APOLLINAIRE DOS

DISQUE APOLLINAIRE

Paroles à chuhoter 1

Un dimanche de novembre 1

Un dimanche de novembre 2

 

Il faut écouter, re-découvrir le répertoire d'Urbain Rinaldo, sensuel, grave, profond, le voir sur scène. Ses titres sont disponibles sur la plate-formes de téléchargement légale Amazon mp3. Surtout, s'il passe par chez vous, allez-y, tant les retours que je reçois sur lui sont excellents.

 L.M

 

 

 

 

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La place du Gabon dans la chanson francophone : de Pierre Akendengué à Tita Nzebi

La place du Gabon dans la chanson francophone : de Pierre Akendengué à Tita Nzebi 

 

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La situation actuellement étrange, effrayante, voire même potentiellement explosive à l'heure où on écrit ces lignes nous conduit à parler de la place assez démesurée par rapport à d'autres pays africains francophones, de ce pays dans la chanson à texte d'expression francophone. Nous n'allons pas proposer une analyse fouillée mais plutôt un panorama instructif. Qui montre que même par le biais de la chanson, l'histoire entre le Gabon/ la France/ la Francophonie est une longue histoire, sérieuse, riche. C'est la raison pour laquelle ce qui se passe dans ce pays de surface assez réduite, connu pour ses forêts, son pétrole est relativement bien couvert par les médias dans le monde entier, de la chaîne France Info à la BBC. Les manifestants gabonais qui luttent pour le respect de la démocratie dans leur pays emploient eux-mêmes le terme significatif de 'Printemps gabonais'. 

Pierre Akendengue - Mon pays entre soleil et pluie (Africa obota / Nandipo)

 

Le Gabon jouit d'une place à part en Afrique subsaharienne. Ce pays qui désirait dans les années 60 rejoindre les départements français, a très vite connu un développement économique qui l'a quelque peu isolé de ses pays voisins, en plus d'un isolement géographique lié à la densité de ses forêts, ses marécages, des montagnes peu élevées mais difficiles d'accès. Pays peu peuplé, avec néanmoins, une quarantaine d'ethnies. Mais où le français est la langue principale pour tous les aspects de la vie. Alors que le Lingala est une langue d'importance nationale en République Démocratique du Congo, que le français, l'anglais, voire parfois l'allemand se disputent la place au Cameroun en plus des 'dialectes', très tôt les Gabonais se sont appropriés la langue française. Doit t-on s'étonner alors de la place prépondérante à la fois dans la culture gabonaise et dans la culture francophone en général du chanteur Pierre Akendengué, qui certes a chanté en myènè, mais a aussi créé parmi les plus belles chansons du patrimoine francophone ? C'est l'occasion de le redécouvrir à travers des classiques qui suscitaient l'admiration de Claude Nougaro qui l'appelait l'Africain de la Chanson Française. Les jeunes générations redécouvrent l'importance de ces classiques, parfois même leur dimension prémonitoire car ils circulent énormément sur les réseaux sociaux : 'Considérable', 'Mon pays entre soleil et pluie' sont tout simplement des panthéons. Plus récemment, la poignante chanson 'Y'a plus de péché' sur un monde à la dérive. Au delà de l'expression francophone, ce qui frappe également c'est une sensibilité folk/chanson à texte, y compris en dialecte. Le chanteur n'est pas là simplement pour faire danser les gens, il conte, raconte, il exprime les joies, les blessures de tout un chacun et prend le pari de déranger. 

En cela, il a été un pionnier, il a déroulé un boulevard pour d'autres artistes des années plus tard. Annie-Flore Batchiellilys pourrait être qualifiée de Joan Baez gabonaise, avec sa guitare, ses longues tresses, un certain mysticisme, à travers 'Le chant c'est mon champ', 'Afrique mon toit'. On remarquera les mélodies travaillées, raffinées, les modulations de voix, on retrouve cette aspect 'conte/raconte'. 

Annie Flore Batchiellilys - Afrique, mon toit

 

Le groupe de rap Movaizhaleine a réussi, chose rare pour un groupe de rap africain, à franchir en notoriété les frontières gabonaises à travers un français mâtiné d'argot, certes, mais suffisamment accessible à n'importe qui ailleurs : 'C'est déjà là-bas', 'Haut les mains' , 'Aux choses du pays'. 

Movaizhaleine - Aux choses du pays

 

 Natif du Gabon, Jann Halexander au fur et à mesure s'inscrit dans cette lignée gabonaise, notamment en 2010 avec la chanson 'Gabon', suivie plus tard de 'Il est minuit Docteur Schweitzer' ou la poignante 'Mourir à Lambaréné'. Les arrangements piano austères de ses débuts ont laissé place à des arrangements plus 'variété' mais sa voix incantatoire, qui agace ou accroche, est restée la même. 

Jann Halexander – Mourir à Lambaréné [Spectacle 'Affidavit' 7/11/2015 - Paris]

 

 Ces artistes partagent en commun le Gabon en toile de fond, de façon continue pour les uns, épisodique pour les autres. Mais également un certain sens de l'engagement. Sur disque ou sur scène, ils sont eux-mêmes. Ils ne lissent pas les choses, les sentiments. S'ils apportent leur pierre au patrimoine gabonais, il serait hâtif de les qualifier d'ambassadeurs car qui dit ambassadeur dit 'lissage', 'neutralité', une certaine aseptisation, une volonté de ne pas déranger. Or leurs chansons ne sont pas forcément calibrées pour les discothèques. Les débats sur l'intermittence, les points retraites, le droit d'auteur semble les concerner mais de loin. Leur obsession est d'écrire, de chanter, et de porter les mots, quelques soient les sacrifices.

 

Dictature inavouée Auteur compositeur Tita Nzebi

  

Dans cette lignée, on rajoutera la chanteuse Tita Nzebi dont le titre 'Dictature inavouée' circule sur internet, faut-il s'en étonner, tant le texte, l'interprétation sont pleins de colère, de révolte.Une interprétation qui exprime le désir de dignité, de respect. Ce n'est donc pas de la musique 'commerciale', c'est de la musique à aimer, que l'on ressent au plus profond de nous-mêmes. On peut ne pas y être sensible, cela dépend de nos goûts, mais on ne peut nier le travail de création intense, la recherche, parfois précipité par l'actualité. 

Nul doute que d'autres talents gabonais vont éclore, surprendre, émerveiller... 

On prend ici toute la mesure de l'importance du Gabon, y compris pour de nombreux artistes français : Serge Gainsbourg qui y réalisa en 1983 'Equateur', Jacques Dutronc qui fait allusion avec légèreté à Port-Gentil dans son titre 'L'Aventurier'. Et évidemment, on doit évoquer le label Saravah, dirigé par le chanteur Pierre Barouh, qui a sorti dans les années 70 les premiers albums de Pierre Akendengué.

 Enfin, comment faire l'impasse sur la très belle hymne nationale 'La Concorde' qui connaît un regain de popularité au vu des événements et qui est même reprise par des groupes francophones ici et là. 

La CONCORDE Hymne National du Gabon chanté par Isaac John Djila

 

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Akendengu%C3%A9  

http://www.akendengue.com/ 

http://www.afrik.com/musik/tita-nzebi/artiste/2413 

http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=3991

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Jann_Halexander 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Movaizhaleine

 

L.M


Les rêves du chanteur Ryadh : Interview estivale

RYADH - Je rêve (Extrait de l'album "Je Rêve")

 Le chanteur Ryadh ne se moque pas du public, c'est peu de le dire. Textes de haute volée, musiques efficaces, clips soignés : il y a chez lui la volonté de plaire au plus grand nombre (normal) mais sans se trahir, ce qui est déjà plus rare. Bref, vous l'avez compris, c'est un chanteur sincère, authentique qui a accepté de répondre à nos questions. 

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On sent chez vous de la rage dans les mots, de la colère, et en même temps une forme d'humour (comme en témoigne votre premier clip) : qu'est-ce qui vous fait réagir, qu'est-ce qui vous donne envie de chanter ?


Ça dépend, ça peut être parfois la colère, parfois l'envie de fuir (surtout en ce moment) ou encore l'extase de la vie comme quand on mange un plat délicieux…Mais chanter pour moi c'est exorciser mon mal être, mes angoisses, et en faire court instant de plaisir explosif ! Trouver un point de vue drôle, fort, tragique, puissant, fou, d'une réalité qui nous paraissait fade…Et donc pour trouver ce petit truc je chante ce qui me touche directement ou indirectement pour que mes chansons illustrent la petite pensée folle que j'ai eue ! 

Vos chansons, vos clips sont très soignés, vos prestations scéniques également, peut-on dire sans choquer que vous vous inscrivez dans l'optique de faire carrière ?


La musique est pour moi quelque chose d'indispensable, c'est viscéral je ne peux pas m'en passer. Quand je la mets de côté sans m'en apercevoir, je tombe peu à peu dans un sentiment d'apathie, voir même peu à peu dans la déprime ou la dépression.. Avec la musique je me sens vivant, je me sens exister et j'ai l'impression d'avoir mon rôle dans la société, je me sens à ma place. Donc le mot "carrière" n'est peut être pas adapté car ça n'est pas une fin en soi, je ne suis pas "carriériste", mais en tout cas mon but est de pouvoir vivre que de ça. C'est comme ça que je serai heureux. Donc au delà de "carrière" on peut même dire que c'est ma raison de vivre ! 

L'actualité est lourde. Il y a quelque chose d'intemporel dans vos titres : le rapport au passé, aux origines, les duretés de la société. Quel regard justement portez-vous sur le monde culturel actuel ?

Oui l'actualité est lourde, séries d'attentats, montée du FN, la loi travail, gouvernement de gauche qui mène une politique de droite, l'impression que cette société capitaliste arrive peut être un peu à bout de souffle…C'est dans ces moments que l'art devient important pour relever notre société. J'ai un regard extrêmement critique sur le monde culturel actuel, et je pense même qu'il y a un lien entre le départ de certains jeunes de quartiers pour faire le jihad et la pauvreté culturelle de ce qui est diffusé sur les ondes des radios qui leur est destiné en partie.

Le problème des quartiers est toujours présent, il y a pleins de jeunes qui grandissent en ayant aucune prospective d'avenir et ça ça ne date pas d'hier..Sauf que quand j'étais petit, entre les années 90 jusqu'à 2000, je me souviens que les rappeurs qui représentent ces jeunes étaient des rappeurs "conscients", qui délivraient un message de revendication ou de positivité, et du coup les poussaient à réfléchir.
Aujourd'hui dans le paysage de la musique urbaine grand public, on ne parle que de sexe (le sexe pour vendre, le sexe de l'apparence et de l'image, pas le plaisir du sexe) et d'argent…
Et étant donné le manque de finesse avec lequel ils en parlent on comprend pourquoi petit à petit il y a de plus en plus de jeunes "perdus" qui deviennent derrière facile à récupérer…
J'ai un profond dégoût pour ce que le Hip-Hop "mainstream" est devenu, et je le place en premier responsable de ce qui nous arrive aujourd'hui qu'il s'agisse des responsables des labels, des artistes (bien qu'ils ne méritent même pas cette appellation).
Et je pense que quand on est artiste il faut être conscient de toutes les responsabilités que l'on a, de toutes les conséquences que cela comprend, car la musique, c'est aussi une forme d'éducation ! 

Notre blog a souvent tenu à mettre en valeur des talents issus de la 'diversité' de la chanson francophone, non pas pour faire bien, mais parce que nous avons jugé cela nécessaire à un moment donné. Dans nos pages, nous avons souvent évoqué Stromae, Indila mais aussi Olivier Goulet (l'O), Jann Halexander, Urbain Rinaldo, Vincent Ahn etc, comment vous situez-vous par rapport à ces artistes ? Dans quel style vous classeriez-vous (même si les étiquettes peuvent être réductrices) ? Avez-vous des influences, qu'elles soient musicales ou autres... 

Alors oui c'est vrai que je n'aime pas trop les étiquettes, du coup j'aurai plutôt tendance à me placer dans la catégorie des artistes "libres", qui cherchent à trouver un style singulier. Ca n'est pas faire original seulement pour "sortir du lot" mais plutôt pour faire une musique qui me ressemble un maximum.

Mes parents sont originaires de l'Algérie, donc je me considère comme étant le symbole de ce que peut apporter la richesse de deux cultures… J'adore écouter Brel ou Balavoine mais parfois cela manque un peu de "groove" qui n'est pas absent dans la langue, mais plutôt dans la culture, alors que la culture africaine (et donc aussi maghrébine) est bien plus axée sur des rythmes qui pulsent, qui peuvent mener même jusqu'à la trans… quand j'écoute de la chanson à texte je suis frustré toujours par le manque de "groove", du fait que ça ne soit pas dansant, et dans les musiques dansante je suis en manque de sens un peu plus profond des textes, j'estime que par mon histoire d'enfant d'immigré, c'est une force que j'ai d'être un peu au milieu de ces deux cultures, et j'ai donc décidé de ne pas m'auto censuré en me permettant de faire une musique qui réunirait les deux. Et j'ai du beaucoup travailler pour y arriver, désapprendre tout ce que j'avais appris pour reconstruire en enlevant tout ces automatismes et tout ces codes que l'on nous apprend au conservatoire etc…

Et concernant mes influences musicales, elles sont très larges ; j'ai étais bercé par le rap du Minister Amer ( Passy et Stomy Bugsy à leurs débuts ), puis j'ai fait le conservatoire classique en piano (jusqu'au diplôme de fin d'études) ou j'écoutais seulement Chopin, Liszt, Rachmaninov… puis le conservatoire jazz, une période ou j'ai beaucoup écouté Herbie Hancock. A l'adolescence j'ai beaucoup écouté Tryo et Jimi hendrix , et par la suite j'ai joué dans beaucoup de groupes, Rock, Blues, Funk, Soul, Pop, Jazz, Afro, Hip Hop, electro…

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Quels sont vos projets ? Des internautes nous ont demandé si on pouvait bientôt vous voir sur scène à Paris ou ailleurs...

Alors je compte me faire connaître, donc pour la rentrée j'ai pas mal de dates de prévues sur paris, mais je vais aussi aller en Bourgogne, en Belgique, en Normandie, en Bretagne, et à Montpellier. Je vais faire un clip pour presque chaque titre de l'album, et je compte rejouer dans le métro pour diffuser plus facilement mon message aussi. Si un internaute veut que je joue dans sa région, qu'il me contacte par mail car j'ai vraiment envie de jouer dans toute la France ! (projetryadh@gmail.com)

Et sinon toutes les dates sont mises sur le site ryadhmusique.comn'hésitez pas à y aller une fois par mois car je mets en ligne les concerts seulement une fois que les dates sont fixées (c'est pour ça que Belgique, Montpellier, et Normandie j'attends encore les confirmations des dates définitives avant de les mettre en ligne)

Avant de nous quitter, la question incontournable et légère traditionnelle, sur ce blog qui existe depuis 2008 : quel est votre plat préféré ?

Alors mon plat préféré est un plat italien qui est la parmigiana di melanzana !! Aubergine, sauce tomate, mozzarella di bufala, parmesan, huile d'olive…Mon dieu c'est juste magique comme plat je le conseille à tous, c'est un plat typique de Naples… mmmmhhhhhh….. Bon appétit à tous !

 Merci !

RYADH - SOUS FRANCE (Extrait de l'album "Je Rêve")

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La Sous France du chanteur Ryadh

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Un nouveau venu dans la chanson : Ryadh. Fera t-il carrière ? A la rédaction, nous ne sommes pas devins. Mais une chose est sûre, il a la belle colère de celui qui veut critiquer l'amollissement des esprits, les moutons de Panurge. La chanson 'Sous France' de Ryadh n'est pas forcément subtile mais l'ensemble est cohérent, le clip une réussite absolue. Et l'artiste dégage un magnétisme incontestable. Il lui faudra trouver sa place dans un monde de la chanson un peu en déliquescence, et assez conservateur – nous en avons déjà parlé à plusieurs reprises ici.

 Affaire à suivre donc.

https://www.facebook.com/ryadhmusique/

 

RYADH - SOUS FRANCE (Extrait de l'album "Je Rêve")

L.M

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La Black Pride de Paris du 15 au 17 juillet : un événement fondateur ?

 

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Du 15 au 17 juillet se tiendra la Paris Black Pride. De quoi s'agit-il ? D'un événement qui favorisera le dialogue sur l'importance de l'inclusion sociale et la visibilité des personnes LGBT de couleur en France et ailleurs en Europe. Pour les ignares : LGBT = Lesbiennes, Gays, Bisexuel(le)s, Transexuel(le)s

Sur leur site, il est question d'hommage à deux personnalités de la culture 'black', 'lgbt'. Le bât blesse : si pour James Baldwin, cela semble naturel, on peut s'interroger sur le choix de Joésphine Baker. C'est une artiste que nous respectons à la rédaction, mais pour ce qu'elle est, pas forcément pour ce qu'elle représente. En faire une figure 'LGBT' nous paraît un peu précipité. Joséphine Baker fut le première 'STAR' du 20ième siècle, pas seulement star noire, c'est incontestable. Mais elle aussi une figure d'une certaine France conservatrice. Bien sûr, elle eut quelques liaisons (qui ne lui ont pas laissé des souvenirs mémorables) avec des femmes. Mais elle fut dure par exemple avec l'un de ses fils, dont elle ne supportait pas l'orientation homosexuelle. Il faut lire les biographies extrêmement documentées pour comprendre la complexité d'une femme qui, certes, avait une tribu arc-en-ciel (ses enfants de toutes origines), mais qui ne voyait aucun inconvénient à se rendre dans l'Afrique du Sud de l'Apartheid au début des années 70 pour y présenter une revue de french cancan. D'ailleurs, si elle était scandalisée sur le principe par l'Apartheid, ce n'est pas pour autant qu'elle s'intéressa vraiment à ce que vivaient les Noirs là-bas, lors de son séjour elle n'a pas cherché à rencontrer des artistes noirs, métis, indiens. Joséphine Baker est une figure irrécupérable, quelque soit la cause (féminine, communautaire, etc). C'est peut-être ce qui fait sa grandeur, cette sorte de marginalité flamboyante.

Espérons également au travers des conférences, tables-rondes organisés dans le cadre de cet événement qu'il sera fait un éclairage sur des associations qui ont beaucoup oeuvré pour la visibilité des gens de couleur LGBT dans l'espace francophone (nous pensons à Tjenbé Rèd en tête, que nous avons interviewé ici) et sur les artistes et intellectuels hommes et femmes qui furent pionniers à une époque où le silence, l'invisibilité, y compris dans la communauté LGBT étaient la règle : Vincent Mac Doom, Magloire, D'Geyrlad, Jann Halexander, Maïk Darah, Louis-Georges Tin etc.

Malgré notre perplexité et les interrogations que nous nous posons à juste titre, nous dirons que c'est une affaire à suivre de très près car c'est quand même un gros événement, important, qui montre bien que la France a changé, l'Europe a changé : le monde a changé*.

Les infos sur leur site :

http://fr.parisblackpride.org

 

L.M

* A noter que ce monde qui change, ce doit être insupportable pour certains quand on lit les commentaires violents sur l'article consacré à la Black Pride, sur le site de Yagg.

Les chuchotements d'Urbain Rinaldo...

Les chansons d'Urbain Rinaldo sont des pépites. Elles permettent à l'auditeur de découvrir tout un plan de la culture antillaise. Tout en faisant appel à nos émotions. On se laisse envoûter.

Le disque 'Paroles à chuchoter' est disponible sur les plates-formes de téléchargement légales.

 

L.M

 

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'Papa, Mum', le nouveau titre très pop de Jann Halexander

'Aimer qui, Aimer quoi, pour se sentir vivre' : le nouveau titre 'Papa, Mum', de Jann Halexander sonne plutôt pop. Une des surprises musicales de cette année ? Disponible sur les plates-formes de téléchargement légales. 

L.M

Couverture single Papa, Mum - Jann Halexander

 

Jann Halexander - PAPA, MUM

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