09 décembre 2011
Il est minuit docteur Schweitzer : une nouvelle chanson...une nouvelle voie (voix)?
cinématographique avec attention... Jann est un artisan, se souciant
toujours davantage du propos que de la forme, mettant en avant ce qu'il
a à dire, plutôt que la façon dont il le raconte. C'est un auteur
compositeur interprète très talentueux, avec plusieurs chansons déjà
cultes (Brasillach, A table, Mathilde et son pianiste...) doublé d'un
cinéaste prolifique et engagé... Découvrir un nouveau projet de Jann est
donc toujours pour moi synonyme d'expérience émotionnelle forte... On
aime ou on déteste, mais l'entre-deux ou l'indifférence n'ont jamais
leur place... C'est ce que j'aime chez lui, cette radicalité...
Aujourd'hui, comme j'ai la chance de faire partie de ses amis, Jann m'a
envoyé son nouveau titre "Il est minuit Docteur Schweitzer" et force est
de constater que le virage est pris... Certes pas dans la voix, toujours
reconnaissable entre toutes, ni dans le texte, mais cette fois dans la
forme... Adieu le piano-voix enregistré souvent en une ou deux prises,
on a la chance d'écouter enfin un travail murît dans un studio, avec des
arrangements discrets, avec la volonté enfin de (ré)concilier le fond et
la forme. Loin de vendre son âme, il lui donne le costume adéquat pour
toucher le plus grand public... Attention, il ne s'agit pas non plus
d'assimiler ce tournant artistique à la musique populaire (ou populiste)
qui déferle sur nos ondes, disons simplement que Jann facilite l'accès à
son oeuvre, en faisant de ce titre, la porte d'entrée idéale dans son
univers riche et foisonnant
conduit sa carrière en franc-tireur, sans chercher à faire partie du
show-biz officiel, sans utiliser les circuits traditionnels. En fait, c'est
une nouvelle approche du métier qui, certes, a ses limites, mais qui lui
confère une véritable singularité.
De la même façon, il entretient un lien très original avec son public,
réduit, mais fidèle, et de plus en plus présent. J'ai été très surpris l'été
dernier lorsque je suis allé le voir dans une petite salle parisiennne, à la
Bastille, qui était complète. Il y avait même des gens debout, or aucune
affiche n'avait été mise dans les rues de Paris, tout est venu par ses
contacts, par le biais des réseaux sociaux. J'ai trouvé cela très
impressionnant. C'est une tout autre façon de travailler.
Quant à sa dernière chanson, je trouve qu'il est en progrès musicalement, et
surtout du point de vue des arrangements. Personnellement, la formule
piano-voix me lasse un peu au bout d'un moment, et je trouve que c'est une
excellente idée de la part de Jann d'évoluer vers des ambiances plus
travaillées, avec davantage d'instruments. C'est forcément plus agréable à
écouter, plus professionnel. Je pense qu'il est vraiment sur la bonne voie
(voix!).
http://www.noomiz.com/setheden
Quelques liens :
http://www.apoplexia2008.blogspot.com
http://diaphane49.skyrock.com/ (site d'un fan)
LUC MELMONT
21 novembre 2011
Focus sur Corneille : nouvel album et saut dans le passé...
Les inséparables nouvel album de Corneille
Tracklisting (de classe...)
- L’espoir En Stéréo
- Le Jour Après La Fin Du Monde
- Des Pères, Des Hommes Et Des Frères Feat La Fouine
- Les Simples Choses
- Quand Paris T’appelle
- Rome
- Les Inséparables
- Dis-Moi Que Tu M’aimes
- Au Bout De Nos Peines Feat Soprano
- Le Bar Des Sentimentalistes
- Mâle De Coeur
- Tous Les Deux
- Tout Ce Que Tu Pourras
- Le Meilleur Du Monde Feat TLF
Souvenir :SEUL AU MONDE
http://www.youtube.com/watch?v=ejwT8s2nyJ0
Ce titre est extrait de l'album : Parce qu'on vient de loin - Année de sortie : 2003 | Label : Wagram
On dit souvent que j'ai l'air d'avoir
Tout pour moi mais c'est sans savoir
Des fantômes qui me hantent
Les requiems que je me chante
Je joue au dur chaque jour qui passe
Et les pierres de chaque mur un jour se cassent
Je suis peut-être la roche qu'on croit
Mais je suis plus fragile que je veux qu'on voie
Maman m'a dit avant de partir :
Montre jamais tes faiblesses et dans le pire
Reste fort ravale tes larmes
Car ta fierté restera ta plus belle arme
Donc je sais rire quand il le faut
Mais 'faut pas croire je craque dès qu'on me tourne le dos
Je marche droit pour ne pas plier
D'ailleurs je chante souvent pour ne pas crier
Quand je pense à la vie
J'fais face à mes nuits
Chaque jour qui se lève me dit que...
{Refrain:}
Je suis seul au monde
Y'a rien à faire, je suis seul au monde
Je peux plus me taire, je suis seul au monde
Je me sens seul au monde
J'hais Noël et toutes ses bêtes fêtes
De famille et tout ce qui rappelle ma plus belle vie
Je suis jaloux de vous les chanceux
Qui prenez votre chair et votre sang pour acquis
J'ai horreur de votre pitié
Je prends très mal votre générosité
Ca fait déjà un bout que je me suffis
C'est pas vrai mais pour être fort c'est ça que je me dis
Quoi qu'il arrive il faut que je reste dans mon rôle (ouais)
Quoi qu'il arrive il faut pas que je perde mon contrôle (ouais)
Je pense à moi et avoir le reste du monde
Car avec les années je me suis rendu compte
Que si c'est pas moi ce sera personne
Pas moi ni toi ni personne
Ici-bas c'est chacun pour soi
Pour les pauvres et fiers solitaires comme moi
Quand je pense à ma vie
Seul face à mes nuits
Chaque jour qui se lève me dit que...
{Au Refrain, x2}
Des fois je trouve l'amour dans les yeux de l'une
Des fois je trouve un jour dans les bras de l'autre
Et à toutes celles qui m'aiment encore,
Qui m'aiment à tort, qui m'aiment trop fort
Je vous dois ma survie, merci encore
Cela n'engage que nous
{Au Refrain, x2}
Quoi qu'il arrive
Quoi qu'il arrive
Seul au monde, quoi qu'il arrive...
Seul au monde...
20 juin 2011
Quand le poète David Andrew aborde l'essentiel...
L'Essentiel est un ouvrage plutôt remarqué dans le milieu de la poésie. Difficile de dire que cela est dû à une politique de communication huilée. La poésie n'a jamais été vraiment un domaine vendeur. Totuefois le poète antillais David Andrew se démarque de nombreux poètes par sa faculté, son talent à faire converger des thèmes aussi différents que l'esclavage, la femme, l'homosexualité, la plénitude, la pédophilie. La plupart des textes, écrits en français sont également traduits en créole, créole martiniquais, créole haïtien, créole guadeloupéen...
La couverture élégante avec Nefertiti, qui a fait l'objet d'une mini-polémique de la part de certains puristes -pourquoi l'Egypte quand des poèmes abordent les Antilles ?- ne doit pas faire illusion. Par là-même, le poète atteint également une universalité réelle, et non une universalité de pacotille. L'Essentiel est une oeuvre métisse, mais il faut comprendre le métissage au sens réel- littéral du terme, l'emploi du mot métissage ici n'est pas galvaudé. Terres et hommes se mélangent, ne font qu'un dans une gigantesque mécanique des fluides, opéra de vers chatoyants. Chamoiseau, Glissant et Condé ne sont pas loin. Et si le milieu littéraire-poétique ne le sait pas encore, David Andrew est peut-être en train de construire un mythe à lui tout seul.L'avenir nous le dira...
Ce n'est qu'un avis personnel, c'est vrai. Et après tout un lecteur peut ouvrir ce recueil, le lire sans enthousiasme, hausser les épaules, referme l'ouvrage et dire : bah!
Ils ne sont pas pourtant pas nombreux les jeunes poètes en France à voir des ouvrages publiés et vendus sur leur seul nom et à draîner déjà un public. Saluons également la prise de risque et l'audace de la maison d'Edition Les 2 Encres, qui loin d'avoir la force de frappe de maisons d'éditions plus en vue (Flammarion, Gallimard, Phébus etc) fait preuve parfois de plus d'originalité et également d'une recherche soignée en terme de présentation d"ouvrages, souples, couvertures en couleurs, illustrations à l'intérieur -ici, elles sont signées Jean-Jacques Kelner.
David Andrew a interprété sur scène, accompagné de musiciens, ses poèmes sans tomber dans les travers du slam. Il est également récité par d'autres artistes. Poète à la voix chantante, à la silhouette séduisante, artiste à la fois de France et d'ailleurs, David Andrew à travers ses poèmes nous invite à aller loin, loin, très loin au delà des rivages de l'imagination...
Extrait :
Maman
Dans les douleurs de l’enfantement
Avec force et amour
De ta chair et de ton sang
Dès mon cri et pour toujours,
Le fruit d’une osmose parfaite.
Comment te dire toute ma gratitude ?
Grâce à toi, mon cœur est en fête,
Tout mon être jubile malgré les vicissitudes.
Regarde-moi, regarde, ô tendre mère,
Ton fils qui pour toi veut se faire.
Triste récompense ou erreur de l’enfance,
Parfois, on ne fait pas les bons choix,
Et en nous tu ne vois le pourquoi
De toutes tes souffrances.
Mais inébranlable en nos esprits,
Ancrée en nous : de toi on naît
Et tous : grands et petits
On n’aspire qu’à ta paix.
Manman
Adan doulè an vwèjou
Byenmèsi fòs é lanmou
Menm lachè menm san
Dèpi prèmyé son-vwa jik dènyé souf-kyè
Vou é mwen an senbyòz asi latè
Pé pa ba-w tann tout chaj mèsi mwen ni pou di
Kyè an-mwen an gran kontantman, manman chéri
Magré tribilasyon, tout kò an-mwen an jibilasyon
On ti gadé, on ti koutzyé, manman dousè
Sé ba-w pitit a-w ka nòz doubout asi latè
Pa mandé pouki, sé chaj a lavi,
Délè, nou pa pli sav kilès kòd pou rédi
Afòs fouyé, dé zyé a-w ka mandé suiyé
Fè é doulé ou ja pasé
Kantmenm, adan lèspri an-nou, ou dwèt pikyèt
Byen chouké : sé adan-w nou vwèjou
É noutout : piti kon gran gòlèt
Ba-w nou vlé kyouyi yenki fwi dou
Kréyòl Gwadloup
David Andrew
L'Essentiel
Editions les 2 Encres, collection Culture sans frontière
En vente dans toutes les librairies - et en ligne
environ 10 euros
Luc Melmont
18 avril 2011
quelques mots, quelques vers : Laurent Voulzy
COCKTAIL CHEZ MADEMOISELLE
J' vais reprendre un peu d' champagne jeune fille
J' me sens un peu bleu
Un peu blousé dans ce bal jeune fille
Pas vraiment joyeux
Les amis d' Mademoiselle
Sont venus voir Mademoiselle
C'est mignon
C'est le cocktail
Ça discute un peu haut chez toi
Ça m' fout comme un spleen
Qui c'est cette fille de dos là-bas
T' as pas de l'aspirine
J' veux pas faire de scandale
Mais j' viens voir Mad'moiselle (2x)
Pas du tout son cocktail
Si ça traîne en longueur ton truc
J' vais m'en aller
Dis à tes jolis cœurs que
J' suis pas énervé
Moi j' suis venu pour intimité
Pour douceur pour particulier
Cigarettes sur la table de nuit
Tu m'as dit " Viens ici "
Avant minuit cette nuit
Mais y' a du monde chez Mademoiselle
C'est le cocktail
Chez Mademoiselle
Mais y' a du monde chez Mademoiselle
C'est le cocktail
Tiens voilà l'hippopotame qui danse
Y m'éclabousse
Il transpire et c'est le drame en transes
Y faut qu'on se pousse
La boule dans la cuisine c'est une fille qui roupille
Trop de liqueurs mal au cœur
Bon ! maintenant tu vois y' en a marre jeune fille,
J' veux t'embrasser
Tu peux leur dire bonsoir jeune fille,
Fais les dégager
Moi j' suis venu pour intimité
Pour douceur en particulier
Cigarettes sur la table de nuit
Tu m'as dis viens ici
Avant minuit cette nuit
Mais y' a du monde chez Mademoiselle
C'est le cocktail chez Mademoiselle
Il pleut sur la terrasse
Sur tes lèvres un goût fraise
C'est le cocktail Mademoiselle
Y' a plus personne chez Mademoiselle
Plus d' cocktail Mademoiselle
Y' a plus personne chez Mademoiselle
Moi et elle...
Homophobie, liberté d´expression et Art: le cas de l´artiste africain Tafsir Ndické Dièye
...Certaines causes sont, dit-on, plus nobles que d´autres. Inconsciemment on soutiendra plus facilement la lutte contre le Cancer que la lutte contre le Sida, la lutte contre le Sida que la lutte contre la misère des refugiés dans le monde...
On constate que les artistes africains (ou d´origine) n´hésitent pas a s´engager dans la lutte contre le racisme ou la pauvreté -cela ne comporte pas de grand risque non plus...- mais sont davantage discrets, voire réticents quand il s´agit de lutter contre l´homophobie (haine des homosexuels ou assimilés comme tels), par exemple. La lutte contre l´homophobie est loin d´etre une simple obsession occidentale, elle concerne le monde entier. Internet est un espace de liberté d´ expression, parfois violente. Il est donc intéressant de publier aussi sur ce site l´article de l´artiste sénégalais Tafsir Ndické Dièye qui assume son homophobie radicale et la réaction de l´artiste franco-gabonais Jann Halexander qui assume sans complexe sa non-hétérosexualite. Dans les deux cas, des artistes connectés avec l´Afrique, dans les deux cas des artistes engagés...pour le meilleur...ou le pire...aux internautes de juger!
LUC MELMONT
(source : Inversalis-Production - http://www.inversalis-productions.eu)
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Dépénaliser l’homosexualité au Sénégal est une insulte monumentale au peuple !
Ce qui nous pousse à élever notre voix émane de la promptitude de nos gouvernants à souvent agir pour plaire à certaines influences étrangères en foulant aux pieds nos valeurs traditionnelles et religieuses et en faisant lamentablement appel de façon hypocrite aux droits de l’Homme ; ce fourre-tout qui justifie souvent le tout et son contraire. Ce que nous disons est très simple : tant que les homosexuels géreront en privée leur vie sexuelle sans tenter d’influencer nos communautés surtout notre jeunesse, libre à eux de s’envoyer en l’air mais nous ne voulons pas d’une prolifération de l’homosexualité chez nous qui conduirait au coming out, « sortie du placard », des Bertrand Delanoë, Klaus Wowereit version sénégalaise ou à la création de quartiers et de bars Gays comme le Marais de Paris ou le Castro de San Francisco. Notre pays est composé de musulmans et de chrétiens pour l’essentiel ; aucune de ces deux religions n’accepte la promotion de relation sexuelle contre nature et contre l’évolution de la procréation et des valeurs traditionnelles de la famille. Dépénaliser l’homosexualité au Sénégal est une insulte monumentale au peuple !
Que l’homosexualité, mot que l’on doit à Karl Maria Kertbeny depuis 1860 remplaçant « inversion » pour les hommes attirés sexuellement par les hommes et « Sophisme » de Sappho, poétesse du VIIe siècle avant J.C ayant vécu sur l’île grecque de Lesbos, pour les femmes préférant les relations sexuelles avec les femmes, soit dépénalisée ailleurs comme en France dès 1982, c’est l’affaire de ces derniers. Nos autorités n’ont aucun droit de dépénaliser l’homosexualité conformément à l’esprit de nos propres valeurs sociales, culturelles et religieuses. Les homosexuels sénégalais s’oublient dans les facilités offertes par les lobbies gays ou les déviances nées d’un complexe dégoûtant qui pousse à imiter aveuglément certaines tares de l’Occident.
En 1981, le Conseil de l’Europe avait recommandé à ses membres le respect des « préférences sexuelles » de l’individu en vertu des droits de l’Homme, autrement dit, chacun est même libre d’être homosexuel ou autre. Où avait-il placé le respect de l’éthique religieuse des communautés? La conséquence fut la naissance au XXIe siècle du mariage homosexuel en Belgique, aux Pays Bas etc. Une abomination que l’Autriche, pourtant pays occidental a refusé de reconnaître catégoriquement ; là-bas, les homosexuels n’y jouissent d’aucune reconnaissance. Est-ce qu’on les a exhortés à dépénaliser cette pratique ? Nous ne voulons point en arriver à abriter chez nous des Gay Pride (marches de fierté commémoratives de la révolte des homosexuels victimes d’une répression policière au Stonewall, bar new-yorkais en 1969). La poussée de l’homosexualité dans un pays revêt des conséquences multiples et néfastes à la vie des populations ; il a été établi qu’à ses débuts dans les années 80, le SIDA touchait essentiellement les homosexuels et les toxicomanes.
Ses défenseurs taxent ses détracteurs de fanatiques, d’extrémistes ou d’intolérants. Ils oublient que les européens eux-mêmes menaçaient du bûcher les homosexuels au IVe siècle déjà et prenait des mesures juridiques pour protéger leurs concitoyens des pratiques de ces derniers. Même la médecine légale sera mise à contribution plus tard par les tribunaux pour expertiser les sodomites afin d’apporter les preuves physiques de la corruption des mœurs à punir. Les peines allaient dans certains pays jusqu’à la privation d’emploi, de logement, la marginalisation par le gouvernement et la société, l’emprisonnement ou la peine de mort. C’est l’essor de la Franc-maçonnerie au sommet de certains Etats occidentaux et leur influence sur les leviers de leurs institutions qui ont favorisé une nouvelle vision de la loi sur l’homosexualité dans bon nombre de pays occidentaux. Heureusement que, jusqu’à présent, la condamnation juridique est de vigueur dans l’écrasante majorité des pays en orient et en Afrique qui ont des cultures aux mœurs bannissant cette pratique. C’est pourquoi, les peuples, en Afrique, ont intérêt à être très regardant sur le choix de leurs dirigeants.
L’un des prétextes souvent avancés pour justifier cette pratique est qu’elle s’agit d’une maladie ; ce que réfute l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 1991. Des scientifiques comme Richard Von kraft Ebing ont essayé de la justifier en parlant de « dégénérescence neuropathique héréditaire », d’autres comme Sigmund Freud parlent d’« une variation de la fonction sexuelle, provoquée par un arrêt du développement sexuel ». Cependant, le XXe siècle a montré que l’identité sexuelle n’est pas assujettie à la génétique ou à des différences au niveau cérébral, le dénombrement des chromosomes et le diagnostic des glandes endocrines ne révèle pas d’anomalie ou de signe physiologique distinctif chez l’homosexuel. D’ailleurs une thèse de l’université de Californie à Los Angeles a invalidé depuis 1957 celle selon laquelle l’homosexualité est une maladie mentale. L’American Psychiatric Association va retirer à son tour en 1973 l’homosexualité de son manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux.
Même s’il s’agissait d’une maladie, on ne doit pas la propager mais plutôt œuvrer pour l’éradiquer. Restent certaines des plus sûres causes de l’homosexualité : un environnement familial malsain et l’influence de certains films télévisés ou vus sur Internet favorisant l’imitation par l’enfant des pratiques homosexuelles, la multiplication d’expériences homosexuelles chez l’adolescent, les forfaits répétés des homosexuels pédophiles, la multiplication des enfants de la rue, l’appât du gain facile ou la recherche de promotion sociale entres autres. Les parents sont interpellés de même que la société et l’Etat qui ne doit donc pas s’aventurer à dépénaliser cette pratique pour quelques raisons que ce soient.
Nous ne pouvons pas nous payer le luxe, en plus des dérives occasionnées par la pauvreté galopante encouragée par une gestion calamiteuse de notre économie par nos gouvernants, du désespoir qui fait de la loterie un bouée de sauvetage malgré ce que les religions en ont dit, de la franc-maçonnerie qui fait de terribles avancées sous nos cieux, de la prostitution légalisée, de la drogue qui gagne de plus en plus du terrain, du banditisme et des assassinats appuyés par les grâces et amnisties présidentielles incompréhensibles en faveur d’agresseurs (les douze nervis qui ont saccagé les journaux l’As et 24 Heures Chrono entre autres) et d’assassins sans pitié (ceux du juge Maître Babacar Séye par exemple)… d’y ajouter une dépénalisation de l’homosexualité. De qui se moque-t-on?
Nous souhaiterions que nos décideurs aient plus de poigne pour défendre avec la dernière énergie nos mœurs contre les influences néfastes d’un certain Occident. Nous disons aux parents ces mots de notre amie écrivaine, mémoire vivante de l’Île de la Réunion, Isabelle Hoarau-Joly : « L’enfance est la terre sur laquelle on construit sa maison… la conscience est le chemin vers la vérité ». Alors combattons avec la dernière énergie ceux qui veulent faire de notre progéniture des individus aux mœurs légères. Prenons au sérieux ce problème ! De l’autre côté, ils ne sont pas en train de jouer. Ils planifient toujours leur forfait avec dextérité. Nous en appelons à la conscience de tous, au sermon des imams dans les mosquées, aux messes des abbés dans les églises, aux émissions des radios et télés pour une bonne sensibilisation constante des citoyens afin de barrer la route à la propagation de l’homosexualité. Non à la dépénalisation de l’homosexualité au Sénégal !
Tafsir Ndické DIEYE
Auteur de polars et de poésie dont :
Odeur de sang (Polar) Silence ! On s’aime (poésie)
Éditions Le Manuscrit Paris mars 2008
Horreur au palais (polar) Coédition Nouvelles éditions ivoiriennes/
Centre d’édition et de Diffusion Africaine Abidjan Novembre 2010
E-mail :ndickedieye@yahoo.fr
***
Lettre à Tafsir Ndické Dièye
Mise au point avec un messager de la Haine : Tafsir Ndické Dièye
Bonjour
Je suis franco-gabonais. Avec de lointaines origines sénégalaises – et sans doute flamandes et portugaises (pour l anecdote).
Votre article publié sur le site Inversalis intitulé Dépénaliser l’homosexualité au Sénégal est une insulte monumentale au peuple ! est une insulte monumentale aux sociétés africaines, à la Culture, et aux millions d´homosexuels, de lesbiennes, de bisexuels qui ne vous ont rien fait.
Dois- je comprendre que vous détestez tellement les homosexuels que cela trouble votre sommeil ? Vous n´avez donc pas de motif de satisfaction dans votre propre vie ? Trouvez- vous votre vie si triste que vous éprouvez le besoin de dire des horreurs sur des gens comme nous?
Et que croyez-vous ? Que tous les Africains pensent comme vous ? Il y a des millions d´Africains, hétérosexuels, qui n´ont pas de problèmes particuliers avec les homosexuels, et c´est tant mieux. Mon père, gabonais, accepte ce que je suis. Il aurait sans doute voulu que ce soit autrement mais il accepte et c´est tout à son honneur.
Par votre lettre, vous insultez tous ces gens honnêtes qui ne pensent pas comme vous.
Je comprends clairement que vous trouvez normal que des villageois sénégalais déterrent un jeune homme parce qu ´ils ont appris qu ´il était homosexuel et estiment qu´il n´a pas le droit d´avoir une sépulture digne de ce nom.
Vous raisonnez finalement comme Hitler. Et vous vous dites artiste…pourquoi pas… Vous avez le culot de vous dire poète… Vous affichez votre fierté d´homme homophobe. Que voulez-vous prouver? Je suis un homme, bien plus que vous, je me suis retrouvé dans des situations franchement hostiles, et cela, des l´enfance. Dites-nous aussi ce que vous souhaitez nous cacher, une telle homophobie n´est tout simplement pas normale.
La plupart des homosexuels ont un père et une mère, vous le savez. Vivent dans un cadre hétérosexuel. Et arretez de faire croire qu´on ne peut pas lutter à la fois contre la pauvreté et la Haine.
Vous êtes un messager de la Haine et compte tenu de votre position publique, il est important que d´autres gens vous répondent, y compris des gens qui sont nés et ont grandi en Afrique. Tout le monde doit savoir qu´un (ancien) membre des affaires culturelles du Sénégal souhaite éradiquer l´ homosexualite, donc les homosexuels – car contrairement à ce que certaines personnes voudraient nous faire croire, l´un ne va pas sans l´autre.
Laissez votre président Wade tranquille. Qu´il fasse ce qu´il juge bon pour son pays. En France, en 1981, la majorité des Francais étaient contre l´abolition de la Peine de mort. Le président Mitterrand a tenu bon, l´abolition de la Peine de mort fut décrété le 9 octobre 1981, et c´est ce qui pouvait arriver de mieux a la société francaise.
De qui vous moquez-vous ? J´aurais pu ne pas réagir. Je me suis demandé un instant si vous ne faisiez pas de publicité. Mais au moins ce que je vous dis peut servir aux gens qui seraient tentés de penser comme vous. Mais je sais aussi, et je le regrette, que beaucoup d´artistes africains ne prennent pas position sur ces sujets par peur. Ce serait bien si demain on entendait des artistes comme Youssou N´Dour ou Tiken Jah Fakoly s´exprimer dessus.
Sans doute moi aussi j´ai peur, mais il ne faut pas se laisser faire. Le monde est vaste, divers, c´est ce qui fait sa beauté. Si vous ne supportez pas les homosexuels, ne les fréquentez pas, c´est aussi simple que cela.
Jann Halexander, chanteur
http://www.apoplexia2008.blogspot.com/
Commission culturelle de l´association TJENBE RED
07 mars 2011
Olivier Goulet trio invite Victoria Rummler : concert le 11 mars...
Vendredi 11 Mars 20H30
La mer à Boire
Concert à ne pas rater, pour les parisiens (ou les touristes de passage !)
Olivier Goulet trio invite la chanteuse Victoria Rummler. Elle a par ailleurs enregistré sur une belle chanson très bientôt en écoute, du prochain albumd'Olivier Goulet dont on peut dès à présent écouter des extraits en cliquant sur le lien suivant:
http://www.lesinrocks.com/lesinrockslab/artiste/profil/olivier-goulet-trio/
Avec:
Olivier Goulet: guitare clavier harmonica, chant
Aurélien Naffrichoux: guitare, chant
Stéphan Caracci: percussions, chant
La Mer à Boire
1/3, rue des Envierges
75020 M°Belleville-Pyrénées
participation 5 euros.
Réservation vivement conseillée au 01 43 58 29 43
http://www.victoriarummler.com/
http://www.myspace.com/gouletolivier
16 février 2011
La muraille de Chine, d'Henri Salvador : l'amour contre une muraille...
Texte d'une des plus belles chansons d'Henri Salvador, mais aussi une des belles chansons d'amour de la langue française...
Quelques liens...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Salvador
http://www.henrisalvador-discographie.com/
http://www.youtube.com/watch?v=-Bfj1inlKGg
LA MURAILLE DE CHINE
Je n'irai pas faire ces voyages
Dont j'avais tant et plus rêvé
Je n'irai pas faire ces voyages
Je n'ai plus envie d'm'en aller
Partir ça n'en valait la peine
Que si tu venais avec moi
Partir ça n'en vaut plus la peine
Puisqu'il faudrait partir sans toi
Que m'importe dès lors
La muraille de Chine
Si je dois être seul
Pour en faire le tout
Que m'importent Java
Les îles Philippines
Sumatra, Bornéo
Ceylan ou Singapour
Que m'importent Kyushu
Et l'île Sakhaline
Si tu n'es près de moi
Près de moi mon amour
Je n'irai pas faire ces voyages
Dont j'avais tant et trop parlé
Je n'irai pas faire ces voyages
Je n'ai plus envie de m'en aller
Partir ça n'en avait d'importance
Que si tu venais avec moi
Sans toi ça n'a plus d'importance
Alors tant pis si je reste là
Que m'importe dès lors
La muraille de Chine
Si je dois être seul
Pour en faire le tout
Que m'importent Java
Les ïles Philippines
Sumatra, Bornéo
Ceylan ou Singapour
Que m'importent Kyushu
Et l'île Sakhaline
Si tu n'es près de moi
Près de moi mon amour.
L.M
David Auerbach Chiffrin : une personnalité française atypique à la tête de l'association TJENBE RED
Moins médiatique qu'un Louis-Georges Tin (auteur du dictionnaire de l'Homophobie et à l'origine de la journée de la lutte mondiale contre l'homophobie), que Patrick Lozès, fondateur du Cran, moins people qu'une Rama Yade, David Auerbach Chiffrin fait cependant partie des personnalités issues de minorités avec lesquelles la société française doit compter et composer. Homme énergique, atypique, convaincu, humaniste farouche, il est un citoyen français aux origines multiples (juive, martiniquaise), homosexuel assumé.
Ce qui explique son engagement dans l'association TJENBE RED qu'il préside, une structure solide qui défend les personnes noires et métises gays, lesbiennes, bisexuel(le)s, transsexuel(le)s et leurs amis, afin de faire bouger les mentalités dans la société française dans son ensemble mais également dans les communautés antillaises, africaines...Tjenbé Red en créole signifie accroche-toi ! La persévérance a du bon puisqu'en effet dans les départements d'outre-mer ou dans la diaspora, il est devenu impossible de nier l'existence de l'homosexualité, des gays, lesbiennes etc.
Une très bonne chose, avec, hélas,inévitablement, une triste conséquence : une radicalisation des homophobes, de l'homophobie -dont on dit souvent qu'elle n'est qu'une homosexualité refoulée ou du moins l'expression d'une sexualité mal vécue, mal assumée. Mais un cap à passer, il semble. N'oublions pas les réactions de haine que suscita le PACS dans les années 90 alors qu'il tend à se banaliser actuellement, rentrant dans les moeurs. N'oublions pas, par exemple, cette montée soudaine de négrophobie, souvent mal assumée de toute une part du monde médiatico-politico-intellectuel dans la période 2003-2008 lorsque des citoyens noirs, se revendiquant comme tels, issus de toutes les classes sociales, exigèrent puis prirent la parole pour réaffirmer avec urgence leur existence dans la société française. Actuellement, on s'étonne de moins en moins de voir des Noirs à la télé ou des intellectuels noirs dans les journaux.
Militant d'expérience, composant avec les divers partis politiques dominant en France, David Auerbach Chiffrin est également homme de culture (en novembre 2010, l'association Tjenbé Red, sous son impulsion, organisait une journée culturelle sur la place des artistes noirs et métis gays/lesbiennes dans la culture française au Théâtre du temps, à Paris). Une occasion de rappeler que certains discours, certaines pressions, certains tabous (ou par euphémisme non-dits) persistent s'ils ne sont pas combattus. Ainsi l'entretien ô combien passionnant que nous accorde une riche personnalité entre dans la ligne éditoriale de ce blog qui a pour vocation de briser également certains clichés dans le monde culturel. Mais, comme me le disait un artiste en catimini, politique et culturel sont liés...
http://www.tjenbered.fr/ - site officiel
http://www.dailymotion.com/video/x9izhw_temoignage-de-david-auerbach-chiffr_news (entretien en ligne sur dailymotion)
Entretien avec DAVID AUERBACH CHIFFRIN
Mais qui êtes-vous David Auerbach Chiffrin ?
Je me définis d'abord comme citoyen français. C'est important pour moi car c'est une référence directe aux idéaux de la Révolution française, à commencer par le respect du principe d'égalité, évidemment central dans mon combat actuel. Je me définis ensuite comme militant car je ne supporte pas de m'investir dans une activité qui n'a pas de sens, pas d'utilité autre que l'accroissement du bénéfice de telle ou telle firme. Je suis président de l'association Tjenbé Rèd Prévention, à la fondation de laquelle j'ai pris part en 2007, et secrétaire général de l'association Total Respect - Tjenbé Rèd Fédération. Je suis également secrétaire général de l'association An Nou Allé, que j'ai fondée en 2004 avec le concours de Louis-Georges Tin, un autre militant homosexuel martiniquais. Je suis militant associatif depuis 1997 où je me suis investi dans la lutte contre le Front national : j'ai ensuite évolué vers le tissu associatif LGBT (lesbien, gai, bi & trans) puis vers le milieu antiraciste, comme le démontre mon investissement actuel au sein du collectif «Non à Guerlain ! Non à la négrophobie !». Cela correspond évidemment à mon orientation sexuelle ainsi qu'à la diversité de mes origines européennes, juives et antillaises mais comme je le dis souvent, on n'a pas besoin de mourir de faim pour lutter contre la faim dans le monde : la solidarité, cela existe.
Comment en êtes-vous venu au monde associatif ?
J'avais depuis longtemps un dégoût instinctif du racisme et un attachement farouche à la démocratie. J'étais donc révulsé par tout ce que le Front national était. Cela m'a conduit d'abord vers l'engagement politique, au Parti socialiste en l'occurrence, en 1993, après sa lourde défaite aux législatives (on ne pourra pas m'accuser d'avoir voulu voler au secours de la victoire, comme l'on dit). Cependant, j'ai fini par trouver la vie partisane ennuyeuse et frustrante : tout ce que l'on me demandait dans ma section, c'était de distribuer des tracts sur le marché avant les élections pendant que je voyais de loin un petit groupe réfléchir et analyser les votes. Distribuer des tracts sur un marché est une activité noble que je ne rejette ni ne regrette, avoir ce type de contact avec les gens est enrichissant, c'est même un devoir moral quand on leur demande de voter pour vous. Simplement, cela devenait monotone et vide de sens, je n'avais pas l'impression de réfléchir ou de peser vraiment sur la réalité, je me sentais peu utile, de plus les perpétuels chuchotements conspirateurs autour des positionnements carriéristes de chacune et chacun me gavaient grave : je n'étais pas venu dans un parti pour passer l'essentiel de mon temps à savoir si je devais suivre untel ou untel en fonction de l'avantage personnel qu'il me promettait. En outre, je trouvais mon parti un peu mou dans son combat contre le Front national, j'avais l'impression qu'il ne voyait pas assez le danger (c'était d'ailleurs un peu prémonitoire). Je me suis donc tourné vers l'engagement associatif, que je ne connaissais pas du tout avant cela, parce que je voulais vraiment agir contre le racisme, contre le Front national, participer à des projets depuis la conception et non seulement quand on me demandait de coller des affiches ou distribuer des tracts. Pour la petite histoire, j'ai dernièrement fait ma synthèse personnelle entre ces deux types d'engagements en devenant compagnon de route des Verts puis membre d'Europe Écologie - Les Verts.
L'identité : une question qui vous taraude personnellement ?
Pas vraiment. Nous réfléchissons beaucoup dessus, évidemment, mais surtout parce qu'elle ne cesse de se poser à nous, parce que la société ne cesse de nous renvoyer à notre identité raciale ou sexuelle minoritaire. Cela la dérange beaucoup, en fait, les minorités. Pour ma part, j'affirme sans problème mes diverses identités sexuelle ou raciales et je suis toujours surpris de voir que cela peut déclencher des réactions hostiles, comme si l'on ne pouvait pas ou ne devait pas être à la fois noir et métis, noir et juif, noir et européen, noir et homosexuel... Très péniblement, notre société a fini par admettre la notion de respect des minorités (la notion, seulement) mais elle pète un câble quand on est porteur de plus d'une identité, quand on appartient à plus d'une minorité, elle le prend comme une agression. Il ne faut pas croire d'ailleurs que le fait d'appartenir à une minorité protège contre ce mécanisme bien ancré dans la mentalité française générale. Il y a quelques mois, j'ai entendu qu'un militant homosexuel que je connais depuis mes débuts dans la vie associative me faisait le reproche, dans mon dos bien sûr, d'avoir été successivement homosexuel, puis juif, puis noir... Comme si j'aurais dû me cantonner à une seule de mes identités, comme s'il était personnellement agressé par ma diversité. C'est d'ailleurs une réalité quelque part car il s'agit aussi d'un militant politique et si les partis politiques sont relativement à l'aise avec la notion de minorité (cela leur permet de mettre les gens dans des cases, électorat ou candidats, cela rentre dans leur réflexion sur le «qui peut représenter qui», sur le «comment je peux maximiser mes voix», sur les positionnements internes), ils ne le sont pas du tout avec la notion d'appartenance à plusieurs minorités (cela fait disjoncter leur logiciel interne de représentativité : ainsi, un militant homosexuel, par exemple, va construire sa carrière partisane sur son homosexualité, se présentant comme légitime pour intégrer une liste à une élection par liste ou être présenté à une élection uninominale dans telle circonscription, et va se sentir agressé par un militant noir homosexuel, par exemple, car il aura l'impression que ce dernier cherche à cumuler les légitimités pour piquer sa place).
Article et entretien : LUC MELMONT
Si je vous dis Ouganda, qu'est-ce cela vous évoque en dehors du glacier Ruwenzori ?
L'assassinat récent du militant David Kato, la proposition de loi actuellement débattue par le parlement ougandais pour condamner à mort les personnes LGBT et les PVVIH (personnes vivant avec le virus de l'immunodéficience humaine ou le syndrome de l'immunodéficience acquise). C'est effrayant, l'Afrique est en train de glisser vers une homophobie exacerbée, que les gouvernements attisent pour détourner l'attention de leurs échecs et de leur corruption. Cela montre bien que le progrès n'existe pas, au sens où la notion de marche glorieuse et irréversible vers une humanité meilleure est un mythe. Il faut lutter, arrêter de regarder cette télévision excrémentielle qu'est TF1, adhérer aux associations, s'engager. Sinon, on est un mouton bêlant et stupide.
L'avenir pour les minorités LGBT en Afrique, aux Antilles, vous l'envisagez comment ?
Je n'ai pas de boule de cristal. Il y a des signes très inquiétants mais d'autres laissent de l'espoir, une société civile se développe et s'affirme chaque jour un peu plus. Tout ce que je sais, c'est qu'il faut lutter, s'engager.
Comment vous situez-vous dans la communauté LGBT hexagonale ?
Les associations membres de Total Respect s'efforcent de porter le débat contre le racisme au sein de la communauté LGBT française : c'est difficile, à la fois il y a un racisme réel parmi les personnes LGBT - comme parmi les autres il est vrai mais on aurait pu s'attendre parmi elles à une sensibilité plus importante au respect des minorités - et une forme de contestation de la capacité des personnes noires ou métisses à porter le combat contre le racisme. En gros, à la fois pour des raisons idéologiques liées au mythe de l'universalisme à la française et pour des raisons carriéristes liées au refus d'admettre de nouveaux acteurs (plus précisément, les premières maquillant les secondes), Total Respect rencontre des résistances importantes au sein de la communauté LGBT hexagonale. Cela n'est pas arrangé par le fait que nous portons également un engagement fort contre le sida, un autre sujet dont il est de bon ton de dire que l'on veut parler au sein de cette communauté.
On vous reproche une certaine flamboyance et une énergie dévorante... Qu'en pensez-vous ?
Je n'ai jamais entendu que l'on me reproche cela, en tout cas pas en face, mais sont-ce des reproches ? Il est vrai que mon engagement militant se fait au détriment de ma carrière professionnelle, de ma vie de couple, de mes finances même puisque j'y consacre l'essentiel de mes revenus : en ce sens, c'est effectivement dévorant. Qu'on me le reproche... Je suis entier, intègre et je sais que des personnes carriéristes, à l'épine dorsale forcément plus souple, peuvent m'en vouloir pour cela, faire courir toutes sortes de ragots contre moi, dont certains me reviennent parfois aux oreilles et m'amusent toujours. Ainsi, une fois, un parti politique où j'étais investi m'a demandé de cautionner une fraude électorale en apposant ma signature sur un procès-verbal vierge. J'ai refusé. Plusieurs mois plus tard, il m'est revenu aux oreilles que le même groupe de personnes qui avait fait pression sur moi pour que j'accepte cette fraude et qui était par ailleurs un groupe de militants homosexuels faisait courir le bruit que j'aurais... renversé une urne électorale ! J'ai immédiatement téléphoné à la personne qui avait dit cela, un militant homosexuel de tout premier plan, blanc, pour simplement lui demander sur un ton ironique si elle confirmait l'avoir dit. J'ai rarement eu quelqu'un d'aussi péteux au téléphone. C'est très intéressant parce que cela montre bien le processus de construction du ragot, très proche de celui de l'insulte. C'est toujours un peu une surprise pour moi car je suis complètement incapable de pratiquer cela, peut-être même de le comprendre.
Comment vos proches, famille, amis, voient votre parcours ?
Je ne sais pas trop. Ils se plaignent un peu, ne me voient pas beaucoup. Ils me disent que je ne leur écris jamais mais je leur réponds qu'à chaque fois qu'ils reçoivent des nouvelles des associations dans lesquelles je m'investis, c'est comme si je leur écrivais. Ils ne sont pas trop d'accord avec cette vision des choses... Si j'entends ce qu'ils me disent, ils trouvent que mon investissement associatif est un gâchis, que je donne de la confiture aux cochons, que j'aurais pu avoir un parcours professionnel largement plus rémunérateur, une vie de couple moins chaotique, un appartement plus vaste que mes sympathiques seize mètres carrés... C'est sans doute vrai d'ailleurs. En même temps ils comprennent bien quelles sont mes révoltes.
En dehors des causes, des passions ? Lecture, musique, voyages ?
Je ne comprends pas l'usage contemporain du terme de passion, qui désigne à la base une souffrance ou quelque chose que l'on subit, où l'on est inactif. J'aime lire, écrire, écouter de la musique, j'aime les randonnées, pas trop les voyages (j'ai horreur d'être un touriste) mais quoi que je fasse, je ne cesse pas d'être un militant et de faire le lien avec mes combats. Même dans la vie sexuelle, je me pose la question de la démocratie car les rapports sexuels sont parfois construits sur des fantasmes autoritaires et ce n'est pas évident pour moi. Par exemple, la pénétration est centrale dans la vie sexuelle et c'est forcément une relation asymétrique : la position dite du 69 constitue une exception mais peut devenir lassante, d'autant qu'elle n'est pas tant une exception que cela puisque même lorsque vous pratiquez un 69, il y a toujours une personne qui est au-dessus (sauf si vous êtes dans une station spatiale et que vous avez débranché la gravité artificielle) ou une personne qui a la main droite libre (sauf pour les couples composés d'une personne droitière et d'une autre gauchère).
Une question à laquelle on n'échappe pas, car même les plus grands ont un ventre : votre plat préféré ?
C'est variable, c'est par époques. En ce moment, je crois que c'est le poulet coco de mon doudou.
03 février 2011
Ouvrages : 'Des vies liées de Lavilliers' (Michel Kemper) à 'Maudits Métis' (Bertrand Dicale)

...Si vous êtes fan, et même si vous ne l'êtes pas, d'ailleurs, du
chanteur Bernard Lavilliers vous n'avez pas pu passer à côté de
l'ouvrage Les Vies liées de Lavilliers, chez Flammarion, rédigé
par le journaliste Michel Kemper(de l'increvable journal Chorus,
sanctuaire de la Chanson, qui a fini par disparaître). 
Et pourtant, il semblerait que cet
ouvrage subisse une omerta des médias. En effet, cette biographie qui se
veut franche et non-édulcorée de l'artiste serait passée sous silence.
Et seuls s'y risqueraient quelques journaux courageux, tels La Gazette
de la Loire. On mesure le sens du mot courageux. Une telle exagération
est assez surprenante, surtout que lorsqu'on tape le titre de l'ouvrage
sur google, on obtient de nombreux résultats. Il a fait l'objet de
discussions sur des forums
sur Lavilliers. Et si c'était un principe de se dire victime d'une
omerta pour mieux vendre ? Technique marketing? Qui porterait ses fruits
? Je l'ignore mais elle occulte la qualité du bouquin sur un artiste
qui a marqué la mémoire de milliers de français. Car le parcours de
Lavilliers ici est tracé avec profondeur, détails, nulle tentative de
nuisance.
Ce n'est pas n'importe qui, hein: l'auteur du disque Les Barbares(1976) a accompagné la popularisation des clubs meds, des
envies d'ailleurs des Français, le succès de Thalassa, Faut pas rêver,
Des Trains pas comme les autres. Lavilliers est l'artiste du Voyage, de
l'Ailleurs. Et finalement, l'ouvrage a beau nous dire qui serait le
'vrai' Lavilliers, la majorité d'entre nous le note, l'approuve, certes
mais...s'en fout un peu car il est normal que chaque artiste construise
son mythe, nous, spectateurs, public, sommes complices de ce jeu de
dupes car il est une chose à laquelle on s'accroche et qui maintient en
vie, du moins, nous détourne de l'âpreté de la vie : c'est le Rêve.
http://bernard-lavilliers.artiste.universalmusic.fr/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Lavilliers
https://nosenchanteurs.wordpress.com/2010/11/06/les-vies-liees-de-lavilliers/
Nous avons parlé du voyage, de l'ailleurs, ce qui nous fait bondir sur le cas
Dicale. Le journaliste Bertrand Dicale, spécialiste de la Chanson
Française, auteur de la Chanson Française pour les Nuls, est moitié
guadeloupéen, moitié auvergnat. Jusque là, on passait à côté mais
seulement voilà, des idées lui grattaient la tête, encombrée de lourds
souvenirs personnels. Et ainsi parut l'ouvrage Maudits Métis. Un ouvrage
sur la condition des métis, notamment noirs/blancs. Fort intéressant,
détaillé, parfois juste, parfois trop sombre -ou trop lucide ?, mais
n'oublions pas que c'est le récit d'un homme, récit personnel. A un moment donné,
Bertrand Dicale rappelle effectivement comment aux USA, on a construit
une dichotomie musiques blanches (rock), musiques noires (jazz, rap).
Et
c'est aussi là que le bât blesse. Car on aurait aimé plus de profondeur
sur la question de la culture. On est étonné également. Voilà un homme
qui a écrit sur Juliette Gréco, Gainsbourg, sur son site de qualité,
Ferrat, Brassens, Christophe, Mano Solo, Anne Sylvestre etc...mais qui
n'a jamais écrit , semble t-il, une ligne sur Joséphine Baker, si peu sur Salvador,
tellement rien sur Voulzy, zéro ligne sur Maïk Darah, le vide sur John
Williams, décédé récemment, nulle trace sur Pierre Akendengué, dont
Nougaro disait qu'il était l'Africain de la chanson française et
absolument rien sur les artistes indépendants actuels métis, noirs, peu nombreux
donc plutôt identifiables qui tracent leurs sillons dans un monde de la
chanson française essentiellement blanc et masculin. Finalement,
Bertrand Dicale nous apparaît succomber à une contradiction : sans s'en
rendre compte, il cautionne un monde hexagonal de la chanson bleu blanc
rouge idéalisé tel qu'il apparaitrait aux yeux d'un touriste américain.
Dans un même temps, il dénonce aux USA même le divorce, ou la difficile
synthèse musiques 'blanches'/'musiques noires' en déplorant le fait que
des millions de gens acceptent tacitement que Jimi Hendrix soit une
exception confirmant la règle. Dommage.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Dicale
http://pasplushautquelebord.blogspot.com/ (blog officiel)
http://www.amazon.fr/Maudits-m%C3%A9tis-Bertrand-Dicale/dp/toc/2709633191
http://www.pasplushautquelebord.blogspot.com/
Luc Melmont
10 janvier 2011
8 Janvier 2011 : Mort de JOHN WILLIAM
Reprise de l´information sur http://www.purepeople.com
Le chanteur franco-ivoirien John William, interprète de La Chanson de Lara du film Le Docteur Jivago, est mort samedi soir à Antibes à l'âge de 88 ans, a annoncé dimanche à l'AFP sa fille Maya, avec qui il chantait.
Après avoir remporté en 1952 le grand prix d'interprétation de Deauville pour la chanson Je suis un nègre, ce chanteur à la voix chaude et grave s'était fait connaître avec Si toi aussi, tu m'abandonnes, la chanson du film Le train sifflera trois fois.
A partir de 1968, il a quitté progressivement les planches de music-hall pour se produire dans les églises, passant de la chanson profane à ce qu'il appelle le "modern spiritual".
En 1970, il devient le chanteur attitré du paquebot France, ce qui lui vaut un public d'Américains dont il est très apprécié. En 1973, il est le chanteur principal de la comédie musicale Show Boat et reprend le célèbre Old Man River.
De son vrai nom Ernest Armand Huss, né en 1922 en Côte d'Ivoire d'un père alsacien et d'une mère ivoirienne dont il avait été séparé très jeune, John William avait grandi en France et connu la déportation de mars 1944 à mai 1945 au camp de Neuengamme en Allemagne, après avoir été mis en cause dans un sabotage.
"La découverte qui devait changer toute ma vie, je la fis un soir dans l'obscurité d'un cachot. Alors que nous étions en plein spleen, l'un de nous proposa que chacun chante une chanson pour rompre le silence", a-t-il raconté bien plus tard. Tous lui prédisent alors une carrière de chanteur.
Sorti de l'enfer des camps, il prend des cours de chant et débute dans les cinémas et cabarets.
John William, qui avait effectué en 2005 une tournée d'adieu en Martinique, avait été fait chevalier de la légion d'honneur à la fin de cette même année.
Chanteur à la voix d'or, il fût injustement oublié alors qu'il avait apporté le gospel en France. Il a enregistré plus de 350 succès tout au long de sa carrière.






















