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Du 15 au 17 juillet se tiendra la Paris Black Pride. De quoi s'agit-il ? D'un événement qui favorisera le dialogue sur l'importance de l'inclusion sociale et la visibilité des personnes LGBT de couleur en France et ailleurs en Europe. Pour les ignares : LGBT = Lesbiennes, Gays, Bisexuel(le)s, Transexuel(le)s

Sur leur site, il est question d'hommage à deux personnalités de la culture 'black', 'lgbt'. Le bât blesse : si pour James Baldwin, cela semble naturel, on peut s'interroger sur le choix de Joésphine Baker. C'est une artiste que nous respectons à la rédaction, mais pour ce qu'elle est, pas forcément pour ce qu'elle représente. En faire une figure 'LGBT' nous paraît un peu précipité. Joséphine Baker fut le première 'STAR' du 20ième siècle, pas seulement star noire, c'est incontestable. Mais elle aussi une figure d'une certaine France conservatrice. Bien sûr, elle eut quelques liaisons (qui ne lui ont pas laissé des souvenirs mémorables) avec des femmes. Mais elle fut dure par exemple avec l'un de ses fils, dont elle ne supportait pas l'orientation homosexuelle. Il faut lire les biographies extrêmement documentées pour comprendre la complexité d'une femme qui, certes, avait une tribu arc-en-ciel (ses enfants de toutes origines), mais qui ne voyait aucun inconvénient à se rendre dans l'Afrique du Sud de l'Apartheid au début des années 70 pour y présenter une revue de french cancan. D'ailleurs, si elle était scandalisée sur le principe par l'Apartheid, ce n'est pas pour autant qu'elle s'intéressa vraiment à ce que vivaient les Noirs là-bas, lors de son séjour elle n'a pas cherché à rencontrer des artistes noirs, métis, indiens. Joséphine Baker est une figure irrécupérable, quelque soit la cause (féminine, communautaire, etc). C'est peut-être ce qui fait sa grandeur, cette sorte de marginalité flamboyante.

Espérons également au travers des conférences, tables-rondes organisés dans le cadre de cet événement qu'il sera fait un éclairage sur des associations qui ont beaucoup oeuvré pour la visibilité des gens de couleur LGBT dans l'espace francophone (nous pensons à Tjenbé Rèd en tête, que nous avons interviewé ici) et sur les artistes et intellectuels hommes et femmes qui furent pionniers à une époque où le silence, l'invisibilité, y compris dans la communauté LGBT étaient la règle : Vincent Mac Doom, Magloire, D'Geyrlad, Jann Halexander, Maïk Darah, Louis-Georges Tin etc.

Malgré notre perplexité et les interrogations que nous nous posons à juste titre, nous dirons que c'est une affaire à suivre de très près car c'est quand même un gros événement, important, qui montre bien que la France a changé, l'Europe a changé : le monde a changé*.

Les infos sur leur site :

http://fr.parisblackpride.org

 

L.M

* A noter que ce monde qui change, ce doit être insupportable pour certains quand on lit les commentaires violents sur l'article consacré à la Black Pride, sur le site de Yagg.