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...Vous ne le verrez ni dans le Monde, ni dans Telerama, encore moins dans les Inrocks(qui se foutent éperdument de la chanson et de la variété francophones), vous n'en entendrez certainement pas parler par Bertrand Dicale, Valerie Lehoux, Audrey Pulvar, Sébastien Folin, Hélène Hazéra, Daniela Lumbroso ou Serge Levaillant, vous ne l'écouterez  pas sur Fip. Vous ne le verrez pas dans les festivals genre printemps de Bourges, festival Chorus, pas même Barjac (Ah Barjac), tout au plus on l'aura entraperçu sur France 3 ou M6. C'est bien dommage car s'il se qualifie de chanteur parmi d'autres, c'est indiscutablement un de nos plus beaux astres dans la chanson francophone. Jann Halexander, franco-gabonais né en 1982 à Libreville, né Aurélien Makosso-Akendengué, lointain neveu du célèbre troubadour gabonais Pierre Akendengué (acclamé par Nougaro) construit son chemin avec des perles entêtantes : L'Amant de Maman, A Table, les gens de couleur n'ont rien d'extraordinaire etc...il a aussi repris des classiques de la chanson française. 69 chansons, 150 concerts (en France, Belgique, Allemagne) et des milliers de disques et dvd vendus dixit son éditeur Lalouline. Et encore une fois il nous surprend, agréablement, avec l'album Tristes Tropiques. On ne comprendra pas forcément l'allusion à Claude Lévi-Strauss (d'ailleurs force est de reconnaître, malgré notre enthousiasme que l'univers de J.H est souvent confus, lourd, 'trop' riche) mais on apprécie ce qui ressemble à un virage à 360 degré. Fini l'habituel piano-voix et place à un mélange de variété, de salsa, samba, musique  indienne (Aucune Importance), sonorités pop-rock, ballades pop (Un cèdre sur le toit). C'est un album que certains qualifieraient de mainstream, où il est question d'amour, de famille, de lapeur de la mort, de la foi (San Damiano, émouvante chanson sur un pélerinage en Italie, à noter que Jann Halexander participait aux lectures de l'Evangile de Saint-Marc, dimanche dernier, à l'église St-Severin, à Paris). C'est en tout cas un album grand public. Un bel album. En 2013, Jann Halexander fêtera ses 10 ans de carrière. Déjà...

Le nouvel album sort le 11 avril sur les incontournables plate-formes de téléchargement légal mais aussi en support physique sur ebay, cdlp etc...et en concert aussi ! 

 C'est en concert qu'on voit la force d'une nouvelle génération de chanteurs et de chanteuses qui ont tendance à un peu, et on leur en sera gré, balayer un certain héritage rive-gauche ou la bonne conscience ghettoïsante du devoir bien fait en se laissant aller à l'audace, une certaine forme de folie, de flamboyance et en assumant le fait de CHANTER, c'est à dire pousser la voix sur des MUSIQUES : Clémence Savelli, Manu Galure, Nicolas Bacchus, Nicolas Fraissinet..., et cela, sans pour autant tomber dans les travers de la pop à tout prix si chère à certains magazines pour qui désormais la Chanson francophone doit être incarnée par Miossec (sic) ou Dominique A (sic sic). Nous avions ouvert nos colonnes à Ulrich Corvisier (ah ses belles critiques) ou Agnès Renaut, écrivaine de talent, qui revient vers nous pour nous raconter son expérience du concert de Jann Halexander, intitulé également Tristes Tropiques, c'était le 16 mars dernier. De nouvelles dates sont prévues en juin.

 Luc Melmont

 

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Jann Halexander chante Blues du Vampire et A Table


Concert Jann Halexander le 16 mars : Tropiques pas tristes !

par Agnès Renaut

« Tristes tropiques », vendredi 16 mars, au Tremplin Théâtre, dans le noctambule  quartier des Abbesses, c’était le concert de Jann Halexander, un florilège de ses créations qui, depuis quelques années, s’inscrivent l’air de rien dans le paysage de la chanson francophone. Piano complice, voix mélodieuse, sourire à fondre jusqu’au dernier rang, regard espiègle… Accompagné par le duo Chokola, deux choristes, aussi doués que drôles et craquants.

Pourquoi ce titre « Tristes tropiques » ? Clin d’œil espiègle d’Halexander à Lévi-Strauss. Entre deux chansons, il ironise sur le pavé à lire qui tombe des mains et cependant, il exprime une familiarité folâtre avec l’ethnographe à travers le regard porté sur la civilisation… la nôtre, telle qu’on ne pense pas la chanter.

Le tour de chant de Jann Halexander est un tour du monde, un courant d’air comme sur le fleuve Ogooué de la chanson Il est minuit Dr Schweitzer, son dernier opus, et dans un registre de thèmes ondulant entre humour noir (C’est triste… « d’être mort et de penser encore » mais ceci n’a Aucune importance… la mort comme la vie) et humour Noir (Ça n’se voit pas du tout… ce bébé un peu foncé)…

Dans la tendresse (Un cèdre sur le toit), il exprime une douce distance au-dessus des arbres de nos têtes. Il joue d’ironie avec portraits et scènes de famille avec A table, l’Amant de maman… Et il m’a coupé le souffle d’émotion lorsqu’il a entonné Qu’as-tu fait de ta sœur ? Une chanson inspirée de mon roman*, faisant revivre à sa façon une petite fille nommée Zon (zon zon avec les choristes)… Et il rend un bel hommage à une grande Muse et chanteuse à saluer du fond de l’âme avec Comme dans une chanson d’Anne Sylvestre

Il égratigne la religion (San Damiano) et ose un délire drolatique sur nos croyances consuméristes avec une parodie exotique, avec chapeaux de paille et maracas. Quand il ne taquine pas ses choristes cachés derrière le rideau… Jann est aussi un artiste facétieux.

C’était chaud devant, le soleil tapait dans la finale ! Si vous avez raté la soirée, dommage, mais vous pourrez vous rattraper : Jann annonce d’autres soirs en juin, au Tremplin. Dès qu’on saura les dates, à réserver pour de suaves soirs d’été.

A.R.

 

Label Trilogie Halexander
contact médias Jeff Bonnenfant - 0033680150524
http://www.apoplexia2008.blogspot.com [site officiel]
Il est minuit docteur Schweitzer : http://www.youtube.com/watch?v=W7YxfeAxzHg

*A. Renaut, Qu’as-tu fait de ta sœur ? roman, Grasset